Vulvodynie

Textes de MedSexPlain & Sexopraxis · Illustrations de Noémie Creux
Vulvodynie

Définition

La vulvodynie est une douleur à la vulve qui dure plus de trois mois, sans aucune cause infectieuse, dermatologique, ou autre.

La douleur peut être présente pendant les rapports sexuels, ou en dehors, ou les deux. Elle touche 8-10% des personnes avec un utérus, quel que soit leur âge.

On distingue trois sous-catégories :

  • la vulvodynie généralisée : quand les symptômes sont ressentis au niveau de la vulve entière
  • la vestibulodynie : quand les douleurs touchent le vestibule vulvaire
  • la clitorodynie : quand les douleurs se concentrent sur le clitoris.

La douleur ressentie est très personnelle. Elle peut être constante et généralisée à toute la vulve, ou liée à une maladie déjà présente, ou encore localisée à une seule partie de la vulve. Elle peut être spontanée, c'est-à-dire qu’elle apparaît sans raison ni sans qu’il ait eu contact, ou elle peut être provoquée (par exemple, quand on touche la zone). Mais elle peut aussi être mixte : parfois spontanée, parfois provoquée.

Symptômes

Lorsque tu souffres de vulvodynie, tu peux avoir des douleurs, des brûlures ou une irritation au niveau de la vulve. Tu peux aussi ressentir une sensation de coupure, de fourmillement ou de piqûre, ou avoir l’impression que la peau de ta vulve est à vif.

Ces symptômes peuvent être accompagnés de dyspareunies, c’est à dire des douleurs quand tu as des rapports sexuels, quand tu te masturbes ou quand tu introduis un tampon hygiénique.

Diagnostic

Pour poser le diagnostic, on fait le «test au coton-tige» : on pose un coton-tige en bas du vestibule vulvaire. Si la douleur est immédiate à la pression du coton-tige, le test est positif.

Pourquoi ça m’arrive ?

La vulvodynie est multifactorielle, ce qui veut dire qu’elle peut être causée par différents facteurs :

  • une interaction entre les différents endroits du cerveau qui régulent la douleur
  • un dysfonctionnement du périnée ou du système nerveux
  • de l’anxiété ou une dépression
  • un taux bas d’œstrogènes (des hormones sexuelles)
  • une hyper-innervation de la vulve
  • une hypersensibilité de la muqueuse
  • de la maltraitance pendant l’enfance

Que puis-je faire solo ?

Il n’y a pas de traitement pour soigner la vulvodynie, mais tu peux soulager les symptômes.

Par exemple, tu peux appliquer des crèmes apaisantes au pH neutre pour ne pas perturber ta flore vaginale. Tu peux aussi mettre des compresses d’eau froide ou prendre une douche, ou encore apprendre des techniques de relaxation pour détendre ton périnée. À toi de trouver ce qui te conviendra le mieux.

Qui consulter ?

Les gynécologues et généralistes peuvent te prescrite un traitement adapté à ta situation. Par exemple : un traitement hormonal, des anti-inflammatoires (comme des corticoïdes), des anti-épileptiques, des anesthésiants (par exemple de la lidocaïne), et parfois des relaxants pour les muscles (des myorelaxants).

Il se peut que certains traitements diminuent ta sensibilité et ton plaisir. Il est donc important que tu sois en confiance avec les pros que tu consultes pour adapter et trouver le traitement qui te convient le mieux. Sans t’enlever ton plaisir. N’hésite pas à changer de spécialiste si leur approche ne te convient pas.

Thérapies complémentaires

  • La physiothérapie est particulièrement recommandée pour rééduquer ton périnée.
  • Il existe aussi des approches multidisciplinaires, notamment par de la thérapie comportementale avec un ou une psychologue ou psychiatre.
  • Tu peux aussi consulter un ou une sexologue pour travailler sur les effets que la vulvodynie peut avoir sur ton corps, ton quotidien et ton plaisir.
schéma : Schéma anatomique d'une vulve de couleur mauve avec des poils pubiens. Le schémas indique les zones du clitoris et son capuchon, les grandes et petites lèvres, le méat urinaire, l'entrée du vagin, la zone du périnée et l'anus.

Schéma anatomique d'une vulve